A Marseille, des jardins partagés pour cultiver le lien social

Dans le 3ème arrondissement de Marseille, une association gère un espace de jardins partagés de 2 500 mètres carrés. Un lieu permettant aux habitants de cultiver la terre, tout en tissant des liens avec leurs voisins. 

Un coin de nature, niché au milieu des grandes tours en béton du 3ème arrondissement de Marseille. 2 500 mètres carrés où l’on vient jardiner tout au long de l’année. “Là, il y a des fèves, des petits pois, des herbes aromatiques”, énumère Nicole Ahee, emmitouflée dans son écharpe imprimée, en montrant les parcelles ensoleillées.

Nicole Ahee fait partie du bureau de l’association gérant les lieux. Les jardins de Ruffi, inaugurés en 2017, sont un des 80 jardins collectifs installés dans la cité Phocéenne. L’adhésion coûte 15 euros et permet l’accès aux espaces communs. Mais il est aussi possible de cultiver une parcelle individuelle, pour 15 euros supplémentaires. Le lieu est avant tout un moyen de créer du lien social et de dynamiser la vie de quartier. « Il y a souvent des échanges de récolte entre les gens, s’enthousiasme Nicole. On arrive quand même à avoir un petit panier de temps en temps.” 

Les jardins de Ruffi ont été inaugurés en 2017 et comptent 60 adhérents, résidant pour la plupart dans le quartier.

Un lieu de biodiversité et de convivialité 

Ce 1er février, les jardins sont quasiment déserts, “mais en été, il y a plus de monde”, souligne Nicole. Même Désirée, petite chatte ayant élu domicile au jardin depuis cet été, manque à l’appel.  “ Elle s’est échappée il y a quinze jours, je l’ai cherchée partout”, s’inquiète Aziz, l’un des 60 adhérents de l’association.

Installé près d’un cabanon, une pioche à la main, il entretient ce matin les outils de jardinage. Résidant dans le quartier, Aziz se rend régulièrement aux jardins avec ses enfants, parfois plusieurs fois par jour. 

L’endroit accueille aussi des écoliers une fois par semaine. Ils y cultivent leur propre parcelle. Une autre est entretenue par l’association La Cloche, œuvrant pour l’inclusion des personnes sans domicile fixe. 

Le jardin se trouve au milieu d’immeubles du 3ème arrondissement et s’étend sur plus de 2000 mètres carrés.

“Il y a des gens de toutes nationalités et de tous horizons” 

 Avant d’être le lieu de biodiversité et de convivialité qu’il est aujourd’hui, le jardin était partiellement en friche et laissé à l’abandon. L’Etablissement Public d’Aménagement Euroméditerranée, propriétaire du terrain, est à l’origine des travaux. “Ce n’était pas gagné d’avance, car au début certains habitants du quartier voulaient le voir transformé en parking”, se remémore Nicole. 

Selon elle, les lieux comptent encore “trop d’espaces bétonnés”. Mais “le jardin sert pour les fêtes de quartier”, argumente-t-elle. “Aujourd’hui, c’est un endroit où il y a des gens de toutes nationalités et de tous horizons qui se rencontrent. C’est une vraie richesse.”

Les outils sont stockés dans un cabanon installé dans le jardin, et entretenus par les adhérents.

Texte et photos Rachel Cotte

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