Le professeur Raoult, un bon filon pour le business

Avec la crise sanitaire, le professeur Didier Raoult est devenu une figure médiatique aussi visible que controversée. Directeur de l’IHU Méditerranée, grand défenseur du traitement à l’hydroxychloroquine contre le Covid-19, contesté par de nombreux spécialistes, ce sexagénaire chevelu est devenu un emblème de la ville. A tel point que le commerce d’objets à son effigie fait fureur.

Dans le centre-ville de Marseille, une petite boutique de flocage expose dans sa vitrine un tee-shirt à l’effigie du professeur Raoult. Au milieu de tee-shirts floqués de Superman, de Godzilla ou autres figures de la culture populaire, le professeur apparaît. Sur un tee-shirt blanc, en haut de forme et une boîte de « pastilles Raoult » en main, comme sur les affiches publicitaires d’autrefois.

« C’est un visuel fédérateur » entame le propriétaire des lieux. « Il faut comprendre qu’ici c’est une pop star, une icône marseillaise. »La recette du professeur, la chloroquine, des couleurs vives et une petite touche d’extravagance fonctionnent. « J’ai fait ce tee-shirt parce que j’ai senti que ça pouvait marcher. Et c’est le cas. Si je l’avais mis sur un site internet, j’en aurais vendu trois ou quatre fois plus » ajoute le propriétaire, qui a eu l’idée d’imprimer cette image lors de la première vague de Covid-19. Il a finalement renoncé à la vente en ligne car il ne voulait pas « être associé aux idées de Raoult ».

« Il a de la gouaille »

L’engouement pour le personnage du professeur Raoult dépasse même les tee-shirts pour arriver sur la peau de quelques personnes. C’est dans le salon de tatouage Oz Salon D’art et D’encre, que l’artiste Pascal Squale a tatoué le visage du professeur sur le bras d’un homme. « J’ai fait le dessin dans le cadre d’une série Made in Marseille, et quand je l’ai posté sur Instagram, j’ai tout de suite reçu des demandes. » raconte-t-il.

« Mister Chloroquine » ; Crédits : Oz Salon D’art et D’encre

Quant à savoir pourquoi certaines personnes sont prêtes à porter le visage du professeur sur leur peau, Pascal a son idée. « Il a de la gouaille, une gueule et il représente Marseille face à Paris, c’est normal qu’il plaise ici », lance-t-il fièrement. Avant de tempérer : « La personne que j’ai tatoué était très second degré, mais c’est clair que Raoult est devenu un symbole du Made in Marseille. »

Un symbole qu’on retrouve décliné parmi les produits les plus emblématique de la région, tel que les savons de Marseille ou les santons de Provence.

« La bougie a été achetée par le Mucem« 

Alors que le premier confinement pèse sur le quotidien des Français et que le nom Raoult se répète dans les médias, Carole et David, tenanciers du Cabinet De Cire une manufacture de bougies à La Ciotat, ont l’idée réaliser une bougie « Saint-Raoult ». Au départ, c’est avant tout « une blague », admet Carole. Un rien en apparence, mais qui va se révéler être un évènement.

« Quand nous avons publié la photo de la bougie sur les réseaux sociaux, ça a été une avalanche » détaille-t-elle. « Nous avons reçu des centaines de commandes, les gens nous disaient que c’était génial d’y avoir pensé ». Sans l’avoir prémédité, Carole et David se retrouvent à surfer sur la vague de la Raoultmania. Une aventure imprévue pour ce couple qui trouvait le professeur « sympathique, mais sans plus ».

« Saint-Raoult » ; Crédits : Le Cabinet De Cire

Le commerce de bougie n’est en général pas très lucratif. Le Cabinet De Cire, qui vendait environ une quinzaine d’unité par modèle, a été sauvé de la fermeture pure et simple par la vente des « Saint-Raoult ». « En quelques mois, nous en avons vendu plus de 3000. Même la femme du professeur nous a contacté pour en acheter une», s’amuse-t-elle.

S’il n’est pas acté que le microbiologiste rentre dans les annales pour son action contre cette pandémie, il se fait une place dans l’un des panthéons marseillais. La fameuse bougie a été acheté par le Mucem. Et pendant que l’épidémie continue de toucher la population, les affaires continuent.

Texte et photo : Paul Guillot

Une réflexion sur “Le professeur Raoult, un bon filon pour le business

  • 5 février 2022 à 18h15
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    Excellent ! C’est dingue, j’espère que tu m’as acheté un t.shirt 😅

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