Marseille espère crever les écrans

Avec 15 films et 12 séries tournées en 2021, Marseille est la deuxième ville choisie pour des tournages en France. Studios, techniciens, décors : la citée phocéenne marque des points auprès des sociétés de production.

Une des premières choses que l’on voit quand on arrive à Marseille, ce sont les grandes lettres blanches façon Hollywood qui s’affichent sur les collines. Et pour cause : Marseille est la deuxième ville choisie pour des tournages en France, après Paris. La ville compte bien poursuivre sur sa lancée et ne dissimule pas ses ambitions en matière d’industrie cinématographique.

Des moyens techniques et humains performants

Pour convaincre les producteurs, Marseille dispose d’arguments de conditions de tournage particulièrement propices. « On a de l’ensoleillement et une lumière exceptionnelle ! », argue Jean-Marc Coppola, adjoint à la culture, à la création et au cinéma de la mairie de Marseille, un atout non négligeable pour une industrie où le mauvais temps peut coûter cher en faisant perdre des journées de tournage.

Du côté du personnel, la ville ne compte pas moins de 1 500 techniciens qualifiés pour pourvoir aux besoins de l’industrie. Et si plusieurs formations existent d’ores et déjà, la mairie poursuit les efforts dans ce sens. « Depuis septembre on travaille ardemment à trouver des lieux pour installer des écoles, comme Cinéfabrique et aussi l’antenne de la cinémathèque française. On veut développer la filière depuis l’écriture jusqu’à la diffusion », indique l’adjoint.

Former, mais aussi sensibiliser les plus jeunes à travers des expositions et des ateliers pédagogiques, et éventuellement susciter des vocations. « L’idée c’est aussi de promouvoir l’éducation artistique et culturelle. Dès le plus jeunes âge il faut créer les condition de l’éveil de ces enfants », ajoute Jean-Marc Coppola. Tout un écosystème d’entreprises et de start-up spécialisées dans le cinéma se sont aussi installées dans la ville, notamment autour du Multiplexe Pathé Europacorp situé à Joliette, le quartier d’affaire de Marseille.

Marseille dispose également de plusieurs studios, dont celui de la Belle de mai où est tournée la série Plus belle la vie. L’entreprise Provence Studio, installée à Martigues, a quant à elle accueilli les tournages de succès du box-office comme Bac Nord ou Les Tuches. Et malgré ses 26 000 m2 de studios, ce qui en fait le plus grand studio de France,  l’entreprise créée en 2013 souhaite s’étendre prochainement dans l’ancienne usine Saint-Louis Sucre, dans le 15e arrondissement de Marseille. Seul point noir de la production marseillaise : le matériel manque parfois. «  On fait régulièrement venir du matériel de Paris », note Arnaud Couard, producteur marseillais.

Une industrie qui représente 83 millions d’euros

En 2021, la filière a généré 83 millions d’euros. Quinze longs métrages et 12 séries et téléfilms ont été tournés à Marseille. En tout, l’Etat a investi pas moins de 50 millions, répartis sur trois ans pour développer l’offre de formation et créer de  nouvelles infrastructures de tournage. Lors de sa venue en septembre, le président de la République Emmanuel Macron avait d’ailleurs mentionné ce sujet, disant vouloir « un grand projet audiovisuel à la dimension de l’arc méditerranéen ».

Pourtant, malgré ses efforts, la ville pâtit toujours de la prépondérance de Paris.  « Marseille concentre beaucoup de tournages et beaucoup d’atouts mais par rapport à Paris, c’est incomparable. La domination parisienne est encore trop forte. Pour pouvoir dire qu’elles sont implantées à Paris et non à Marseille certaines sociétés louent une adresse à Paris », souligne Arnaud Couard.

Avec son tissu d’entreprises, d’indépendants et d’associations consacrées au cinéma, Marseille rêve de se doter d’une filière d’excellence à l’échelle méditerranéenne. « Il faut créer des synergies : les décors, les lieux de tournages utilisés par certains peuvent aussi être utilisés par d’autres, par exemple. On veut une ouverture plus concrète. On veut coopérer avec les pays de la méditerranée, souhaite Jean-Marc Coppola. Si on met les moyens et la volonté politique, on rend le territoire attractif. Et des tas de réalisateurs veulent venir et participer à ce projet global. Il s’agit de  travailler en intelligence avec tous les acteurs, de partir de leurs besoins et de les orienter au mieux ».

Textes et photos Pauline Paillassa

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