A Marseille, l’agriculture urbaine gagne du terrain

Ces dernières années, la cité phocéenne a vu naître plusieurs fermes urbaines. En plus de reverdir la ville, ces initiatives encouragent la consommation de produits locaux. La Métropole de Marseille a lancé, fin 2019, un plan de développement financé à hauteur de 2,1 millions d’euros.

Maxime Diedat ouvre son portail, puis grimpe dans sa camionnette blanche et remonte l’allée bordée d’arbres menant à la ferme Terre de Mars. On est à Marseille, à quelques kilomètres des barres d’immeubles qu’on aperçoit à l’horizon. Mais ici, Maxime Diedat fait pousser tout au long de l’année, une grande variété de fruits, légumes et autres plantes bio. Il s’est installé sur les hauteurs du quartier Sainte-Marthe depuis 2015. Il est le cofondateur de cette ferme urbaine, avec deux anciens camarades qu’il a connus lors de son passage par une école de paysagiste.

Située dans les hauteurs du quartier Sainte-Marthe, la ferme offre une vue sur la ville de Marseille.

 “Là, on a toutes les cultures d’hiver”, dit-il en désignant fenouil, navets et autres légumes de saison cultivés sous une serre. La ferme produit aujourd’hui de quoi fournir  “plus de 200 foyers chaque semaine« , assure-t-il.  “Au début, on a juste commencé à jardiner, on ne pensait pas qu’on allait en faire une entreprise. De fil en aiguille, l’activité s’est développée, on est passés de 500m2 à 2 hectares”, retrace-t-il. Les récoltes sont vendues sous la forme de paniers dans deux points de vente différents, le lundi et le jeudi. 

Maxime Diedat et l’un des quatre co-fondateurs de la ferme Terre de Mars.

“On n’arrive toujours pas à satisfaire la demande

Face à la demande croissante, les associés espèrent s’étendre davantage. “Aujourd’hui, on n’arrive toujours pas à satisfaire toutes les commandes”, assure Maxime Diedat. L’entreprise propose aussi un service traiteur, – “en pause depuis décembre, à cause du covid”, et emploie trois salariés. Dont Clément, embauché en avril dernier. Il a suivi une formation d’ouvrier agricole après des études à Sciences Po Lille. Ce mercredi matin, Clément se charge de récolter plusieurs kilos de poireaux, “pour la vente du lendemain« , indique-t-il.

Ces dernières années, Marseille a vu fleurir de nombreux projets d’agriculture urbaine. Plus de 40 hectares de terrain ont été mis ou remis en culture sur le territoire. Certaines fermes ont le statut d’association, comme le Talus, située dans le 12ème arrondissement, où les adhérents viennent récolter les productions eux-mêmes. D’autres se concentrent sur l’élevage d’animaux, comme la ferme de la Tour des Pins, dans le 14ème. Autant d’initiatives destinées à reverdir la ville, et à sensibiliser les Marseillais à l’importance du consommer local. 

Ce mercredi 3 février, Clément, salarié de la ferme, se charge de ramasser quelques kilos de poireaux pour la vente du lendemain.

Des dizaines d’hectares exploitables dans la Ville

Pour Maxime Diedat, Marseille est un cadre propice au développement de tels projets. “Contrairement à une ville comme Paris, où il n’y a plus vraiment de place pour ce type de culture, la ceinture verte de Marseille reste importante. Il y a encore des dizaines et des dizaines d’hectares exploitables.” A condition d’obtenir l’accès à ces terres. “Ce sont des terrains qui peuvent appartenir à l’Etat, au département, ou encore à des particuliers qui, parfois, refusent de les louer”, observe l’entrepreneur.

Clément, qui a pour projet de créer sa propre ferme à Aubagne, regrette que les zones cultivables du département soient “souvent transformées en terrains à bâtir”, au détriment des surfaces agricoles. Pourtant, la Métropole affiche son soutien à ce type d’initiatives. Celle-ci a lancé, fin 2019, un plan de développement de l’agriculture urbaine. Pour “le retour de la nature en ville”, elle s’est engagée à soutenir 100 projets publics et privés, grâce à une enveloppe de 2,1 millions d’euros. La municipalité, de son côté, promet de “sortir du tout-béton” et d’offrir une meilleure protection aux terres cultivables. 

La ferme s’étend sur deux hectares, dont un qui est actuellement cultivé.

Texte et photos Rachel Cotte

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