La GreenTech s’épanouit dans la métropole marseillaise à l’Arbois

Au technopole Arbois-Méditerranée, une centaine d’entreprises et start-ups se développent grâce à un écosystème dédié à l’innovation verte. L’accompagnement financier, juridique et technique permet l’émergence d’innovations, dont certaines tentent de conquérir petit à petit le monde de la tech outre-atlantique.

Au cœur d’une pinède à l’Ouest d’Aix-en Provence se dresse un écosystème qu’on n’attendrait pas là. Entrepreneurs, chercheurs, développeurs… ici se trouvent des pépites françaises de la GreenTech, des entreprises innovantes dans le secteur de l’environnement. Arbois-Méditerranée est même considéré comme le quatrième technopole mondial spécialisé dans le domaine, selon l’IASP (International association of science parks), après Boston aux Etats-Unis, Berlin en Allemagne et Perth en Australie.

Il regroupe 44 jeunes pousses dans sa pépinière, et héberge 51 autres entreprises sur son site. De quoi créer un centre névralgique pour faire tenter de faire émerger les entreprises de demain dans le domaine environnemental. « Nous créons un écosystème d’opportunités pour les entreprises », se réjouit Frédéric Guilleux, directeur du technopole.

Le principe d’un technopole est de concentrer sur le même territoire des activités de hautes technologies pour leur permettre de se développer, partant de l’étape de la conceptualisation jusqu’à l’industrialisation des produits ou services. Ainsi, celui d’Aix-en-Provence, labellisé en 2001, accueille des entreprises destinées à grandir rapidement, centrées sur l’innovation dans le secteur environnemental.

Ici, on parle gestion des déchets, nouvelles sources d’énergies, réduction des émissions de carbone ou encore agriculture durable. Parmi les jeunes pousses, beaucoup commencent leur aventure dans cet incubateur, la pépinière CleanTech. « La protection de l’environnement est une thématique d’avenir, très mise en valeur sur le territoire des Bouches-du-Rhône », précise le directeur.

Volonté de créer une vitrine mondiale

« Cela fait plus de vingt ans que le territoire d’Aix-Marseille s’engage pour l’innovation verte », juge Mathieu Somekh, entrepreneur et membre du board de la French Tech Aix-Marseille Région Sud. Selon lui, ce territoire est parmi les plus avancés en France pour accueillir et encadrer les innovations vertes. « Les start-ups bénéficient d’un réseau hors du commun pour innover et attirer les investisseurs », ajoute-t-il.

Le projet est financé par la métropole et semble porter ses fruits. Sur les 130 start-ups françaises présentes début janvier au salon international CES (Consumer electronics show) à Las Vegas, le plus important salon mondial de la tech, 10 viennent du technopole d’Arbois. Et 22 d’entre elles sont issues de Provence-Alpes-Côte-d’Azur.

Parmi les fleurons issus du technopôle, cinq ont reçu une récompense et ont été largement médiatisés. « C’est un évènement où notre entreprise passe de l’ombre à la lumière », se réjouit Quentin Rousselot, fondateur d’Agrove, une start-up qui vend des kits de potager connectés pour développer l’agriculture urbaine. Il a reçu le prix de l’innovation du CES 2022, jetant ainsi la lumière sur une petite entreprise à laquelle est promis un bel avenir. Agrove a quitté Las Vegas avec plusieurs promesses de contrats. « Cela nous a catapulté vers une dimension différente », ajoute-t-il. Pourtant, l’entreprise n’est entrée au technopôle qu’en 2020.

Projets pérennisés

Selon les chiffres du technopôle, les entreprises abritées dans la pinède sont avant tout viables. Ils revendiquent 95% de maintien et de viabilisation cinq ans après la création des structures. Avec quelques beaux succès de la GreenTech française qui se sont développés par-delà les frontières de l’Hexagone. C’est le cas par exemple de la pile à combustible Helion, entreprise de 30 salariés rachetée par Alstom en avril 2021, qui compte implanter ce système aux futurs TGV à hydrogène.

Même son de cloche du côté de SP3H, qui développe des capteurs pour analyser en temps réel la composition des carburants et adapter la consommation des véhicules à la qualité de ces carburants. L’entreprise originaire d’Aix-en-Provence, créée en 2004, a levé 15 millions d’euros ces dernières années pour développer son capteur, et a signé fin 2021 un premier contrat avec Mercedes-Benz.

Pas encore des licornes, mais de belles réussites, alors que la French Tech prend peu à peu son envol dans le monde, avec une année record en 2021. Les entreprises qui frappent à la porte du technopôle Arbois-Méditerranée restent en immense majorité françaises, à 85%.

Accélérateur de business

Pour garantir le plus grand succès, le technopôle et notamment la pépinière trient sur le volet les entreprises qu’ils souhaitent intégrer à l’incubateur. Sur soixante candidatures par an, seules 15 à 20 sont retenues pour y entrer. Leur est alors proposé un accompagnement complet jusqu’à leur envol, une fois les produits industrialisés.

« Clairement, la pépinière change la donne en termes de visibilité et d’accompagnement », estime Thibault Cour, co-fondateur de Brids For Change. Avec Jules Mollaret, originaire d’Aix-en-Provence, ils lancent en septembre 2020 leur start-up qui a pour concept d’élever des corvidés (pies, corneilles, corbeaux) par un système de récompense pour ramasser des micro-déchets dans les villes. Les oiseaux récupèrent des mégots, des morceaux de plastique et des papiers gras et gagnent une croquette. « Le but est de montrer aux gens que si les oiseaux peuvent le faire, nous pouvons le faire aussi », insiste Jules Mollaret.

Brids For Change est entrée dans l’incubateur d’Arbois-Méditerranée en octobre dernier. L’entreprise a conclu un contrat avec la franchise immobilière Icade en région parisienne, et entame des négociations avec la mairie de Marseille et de Bordeaux. Elle est même en route pour le CES 2023 : « Nous allons candidater et nous pensons avoir de bonnes chances d’y participer », espèrent les fondateurs. Avec à la clé, une belle mise en lumière et une nouvelle étape pour l’entreprise.

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