La vie à part des marins-pompiers de Marseille

Les marins-pompiers de Marseille sont une exception française, avec les pompiers de Paris : ils sont à la fois soldats du feu et militaires. Une particularité qui façonne le paysage marseillais.

Militaires, marins et pompiers. Le bataillon des marins-pompiers de Marseille est une exception française. Le BMPM ou le Bataillon, comme il est couramment appelé, est sous une triple tutelle : la mairie, le ministère de l’Intérieur et celui des Armées. « Le Bataillon a été créé le 29 juillet 1939 », raconte l’enseigne de vaisseau Aude, chargée de la communication. « C’est à la suite d’un feu dans le magasin les Nouvelles Galeries et l’hôtel de Noailles que la ville a été placée sous tutelle de l’État puis qu’un décret-loi a donné le jour au BMPM. »

Il existe dix-sept centres de secours intra-muros et quatre en dehors de la ville. Les effectifs se montent à 2 500 militaires et civils. Chez les militaires, 3 % sont des femmes. Le bataillon ne s’occupe pas de la périphérie de Marseille, sous la juridiction des services départementaux d’incendie et de secours (SDIS).

Mobilisés lors des catastrophes majeures

Les marins-pompiers sont d’abord là pour combattre le feu. « On ne va pas se mentir, c’est ce qui anime nos troupes », relève le lieutenant de vaisseau Jérémie. « On est chargé de la prévention et de la protection des personnes, des biens et de l’environnement sur le territoire de la ville de Marseille, mais aussi dans le port et à l’aéroport » renchérit Lalie Marie, attachée de presse du vice-amiral Patrick Augier.

Les marins-pompiers ont ainsi les mêmes compétences que les SDIS ou la sécurité civile, mais peuvent également être envoyés en renfort en cas de catastrophes majeures, comme lors de la tempête Alex ou des importants feu de forêt dans le Var l’été dernier. Ils agissent en lien avec la direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC).

En 2021, les marins-pompiers de Marseille ont réalisé 131 903 interventions, dont 85 % étaient destinées à porter secours à des personnes, notamment du fait de l’épidémie de covid. Parmi ces opérations, seules 4 % étaient dédiés à la lutte contre les incendies. S’y ajoutent quelques recherche de personnes disparues dans les Calanques, par exemple.

Une année sous le signe du coronavirus

Une cellule dédiée à la lutte contre le Covid-19 s’est créée seulement quelques mois après le début de la pandémie. « C’est la cellule mobile d’intervention biologique Comete, pour ‘Covid Marseille Environnemental Testing Expertise’, qui s’occupe des dépistages mais aussi des prélèvement et analyses des eaux usées », raconte Lalie Marie. « La pandémie a conduit le Bataillon à soutenir avec encore plus de force les collectivités territoriales et les services de l’État. »

Une équipe médicale et des secouristes ont pu participer aux dépistages, prélèvements et logistique dans les navires de croisière et les EHPAD. Les marins-pompiers sont aujourd’hui mobilisés quotidiennement dans les centres de vaccination, depuis janvier 2020.

Impossible en 2022 de visiter une casernes : « Les hommes sont dans une bulle », insiste Lalie Marie. Il faut à tout prix préserver les marins-pompiers de la contamination, afin qu’ils puissent continuer d’agir sur le terrain. « On essaie à tout prix de protéger nos hommes, et dès qu’on éloigne ce risque de nos gars, je considère que c’est un gain », abonde le lieutenant de vaisseau Jérémie. Les risques augmentent ces dernières années. « Pour faire face à ces nouveaux risques, nous avons développé l’appui robotisé dans le Bataillon. » Parmi ses utilisations principales, il évoque notamment la ventilation lors de feu très importants, l’apport de matériel comme des lances ou de l’oxygène. « Des besoins apparaissent chaque jour, constate le lieutenant de vaisseau. Il faut sans cesse que l’on se renouvelle ».

Texte et photos Clemence Diligent

Une réflexion sur “La vie à part des marins-pompiers de Marseille

  • 5 février 2022 à 21h36
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    Rien de mieux que des pompiers-militaires pour manier un lance-flammes ? Ou une lance à eau ? A méditer…… !!!

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