Les services publics de proximité renouent timidement avec les quartiers nord de Marseille

Après quatre ans sans bureaux municipaux de proximité, permettant notamment d’y effectuer leurs démarches d’état civil, les habitants du 13e arrondissement, faisant partie des quartiers populaires du nord de Marseille, se sentent soulagés depuis la réouverture d’une annexe de la mairie près de chez eux.

Enfin, le 13e arrondissement de Marseille retrouve un bureau municipal de proximité, permettant d’y réaliser des démarches administratives. Cartes d’identité, passeport, certificats de vie pour les habitants percevant des retraites depuis l’étranger … Ce nouveau bureau est accueilli avec joie par les riverains, qui devaient se rendre jusqu’à lors dans les arrondissements voisins pour retrouver des agents municipaux de proximité.

« On l’a attendu« , sourit Florence Faustou, adjointe à la responsable du bureau. Quatre ans. C’est le temps qu’il aura fallu pour ouvrir une nouvelle antenne municipale dans l’arrondissement, après la fermeture, en septembre 2017, du bureau de proximité de La Rose. Et ce, alors que le 13e arrondissement est le « plus vaste et plus peuplé » (plus de 90.000 habitants, NDLR) de la cité phocéenne, comme l’a rappelé le maire, Benoît Payan, venu inaugurer les locaux le 25 janvier dernier. La mairie le précisait par ailleurs dans un communiqué: « (Les bureaux) sont un service public important pour accompagner au quotidien les Marseillais dans leurs démarches« .

« On va mettre le paquet, là où c’est nécessaire« , appuyait encore Benoît Payan, lors de sa venue dans le 13e arrondissement. En citant en exemple les quartiers « qui en ont vraiment besoin » : « Le 13e, le 14e, le 3e, le 15e, le 1er arrondissement« , a-t-il précisé au micro de BFM Marseille. Les quartiers les plus populaires de la cité phocéenne, en somme.

25 à 30 administrés accueillis par jour

Le bâtiment, une ancienne banque rachetée par la municipalité, paraît flambant neuf. Sa devanture, entièrement repeinte, ne ressemble pas aux immeubles voisins, moins entretenus. A l’intérieur règne une atmosphère agréable, où les six agents – toutes des femmes – sont fières de travailler. « De tous les bureaux dans lesquels j’ai travaillé, c’est celui dans lequel je me sens le mieux« , assure Sylvie, l’une des employées municipales. « Quelques administrés qui venaient à La Rose nous le disent : ‘oh, que c’est beau' », s’enthousiasme-t-elle. « Les locaux sont jolis, bien agencés« , assure-t-elle.

« Les habitants se sont sentis délaissés« , concède Patricia Marcheschi, coordinatrice de ces bureaux dans toute la ville. « Ça faisait une trotte, pour aller au bureau le plus proche (celui du Merlan, notamment, NDLR)« , ajoute-t-elle. Et pour preuve : dès le premier jour d’ouverture du bureau, le 4 janvier, les appels au service « Allô Mairie », permettant de prendre rendez-vous dans ces centres administratifs de proximité, ont afflué. « Actuellement, on reçoit 25 à 30 personnes par jour« , affirme la directrice du bureau.

Le bureau municipal de proximité est un premier pas vers un retour des services publics dans les quartiers populaires de Marseille. (Marine Ledoux)

« Le besoin était énorme« , abonde la responsable du bureau, qui officiait auparavant à la Rose. « La pandémie a reculé le délai d’ouverture, mais finalement, ça s’est fait au bon moment« , assure-t-elle, alors que de nombreux bureaux ont été contraints de fermer suite aux confinements et à la présence de cas de Covid-19 au sein des équipes. « Les administrés n’auraient pas compris que l’on ouvre, pour refermer quelques semaines après« .

Piscines, bibliothèques, etc.

Si les papiers d’identité et toutes ces démarches administratives constituent les tâches principales des fonctionnaires présentes, ce n’est pas tout : « On développe l’accueil, l’humain, pour le mettre au coeur des quartiers« , sourit la responsable du bureau. « L’humain doit rester« , martèle celle qui est « faite pour le public« . Et si les travailleuses ne sont pas assistantes sociales, elles aident régulièrement des administrés ayant des questions, sur la vie quotidienne. Implantées dans le quartier, les commerçants sont également ravis de l’ouverture de ce bureau. « Ils viennent nous saluer, et une présence de services publics va dynamiser à nouveau le centre-ville« , affirment-elles.

Effectivement, en ce jeudi après-midi, de nombreux commerces ont gardé porte close, alors que la zone est desservie par un bus, et situé à une vingtaine de minutes à pieds de l’arrêt de métro Malpassé. Re-dynamiser ces quartiers en déclin paraît alors important. Et c’est ce que souhaite également le Syndicat des quartiers populaires de Marseille (SQPM).

Le syndicat revendique un accès égal aux services publics, et refuse que les quartiers populaires restent « délaissés« . Et si l’ouverture de cette antenne constitue une première pierre vers des quartiers nord justement équipés de services publics, ce n’est pas suffisant.

« Les bibliothèques publiques doivent être en nombre suffisant, en qualité suffisante, par rapport aux autres villes de France », proclame de son côté l’association des usagers des bibliothèques municipales de la ville. Neufs bibliothèques et médiathèques publiques sont recensées dans la ville, comptant pourtant plus de 900.000 habitants. Les 14e, 15e et 16e arrondissements en sont dotés, tout comme le 1er, 2e, 6e, ou encore 8e. Mais le 13e n’a toujours pas sa bibliothèque.

Le problème se retrouve aussi du côté des piscines. Avec seulement 16 bassins, dont certains entièrement extérieurs (donc ouverts uniquement en été), Marseille est l’une des villes françaises les moins pourvues en piscines en proportion de son nombre d’habitants. Un rapport annuel de la Cour des Comptes publié en 2018 avait d’ailleurs pointé ce mauvais élève, montrant une baisse de 50% du nombre de bassins entre 2008 et 2016.

Depuis, le Printemps Marseillais, liste victorieuse aux élections municipales, avait fait de la réhabilitation de ces espaces sportifs et culturels une ambition. Et cela commence à porter ses fruits, avec la réhabilitation prévue d’une piscine du 15e arrondissement, fermée depuis 2010, alors devenue trop vétuste. Un complexe sportif devrait y voir le jour, mais d’ici de nombreuses années.

Texte et photos : Marine Ledoux

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